Si
la Thaïlande est bien la plaque tournante pour les
antiquités
d'Asie du Sud-Est, elle est aussi la plaque tournante pour les copies
de
ces mêmes antiquités. Un marché extrêmement
juteux
pour qui arrive à tromper le client…
On
peut estimer aujourd'hui que la très grande majorité des
statues vendues pour "antiques" sont en fait des productions des
19ème
tardif, 20ème et 21ème siècles.
Qu'ils
soient en bronze, en bois ou en grès, les objets
copiés
finissent par ressembler de plus en plus aux originaux grâce aux
technologies modernes et au savoir faire des copieurs.
|
LE GRES
 |
Copié depuis
toujours pour la
restauration des temples ou pour le remplacement de statues
cassées
ou volées, cette industrie a pris un essor considérable
ces
dernières années. La mode étant de posséder
des objets khmers, un véritable marché s'est ouvert avec
des enjeux financiers importants.
Aujourd'hui donc, il est
souvent présenté
comme "antiquité" des statues en grès taillées aux
20ème et 21ème siècles, soit à partir
d'anciennes
statues cassées ou trop fortement érodées, soit
à
partir de blocs de grès extraits récemment d'une
carrière.
Les techniques de
vieillissement sont
toujours les mêmes : Permanganate de potassium / Acide / Latex /
Encre de Chine… Il arrive que l'objet soit brûlé ou enfoui
dans la terre quelques mois.
  |
Il arrive également que
le matériau
ne soit pas du grès mais un mélange de poudre de
grès
et de ciment... Ce mélange est souvent utilisé pour les
restaurations
:
|
|
LE
BOIS :
Matériau
rare
aujourd'hui,
la plupart des "antiquités" en bois ne sont
que
des statues taillées dans du bois ancien et exposées
quelques
années au soleil et à la pluie. Elles sont souvent
recouvertes
de laque et de peinture dorée (voire de feuilles d'or) afin de
masquer
les éventuelles traces laissées par les outils lors de la
taille.
|
|
LE
MARBRE :
Le procédé de
vieillissement
est toujours le même : il suffit d'enfouir la statue sous terre
et
de l'arroser tous les jours pendant environ une année pour
obtenir
une couleur assez proche de certaines anciennes pièces (l'eau
chargée
de micro particules provenant de la terre pénètre les
micro
fissures du marbre)
|
|
Statue
en LAQUE ou "papier mâché" :
Les antiquités sont
très
rares et en règle générale, on se retrouve face
à
des copies réalisées il y a une vingtaine d'année,
voire récemment…
|
Le
BRONZE :
 |
De tout temps, la
statuaire en bronze
a tenu une place importante dans toute l'Asie du Sud-Est et les
premières
copies vendues pour vraies ne datent pas d'hier.
Aujourd'hui, s'il est
facile de rencontrer
une copie… il est bien difficile de trouver une vraie statue ancienne,
qu'elle soit de style khmer, birman ou thaï. |
| Les meilleures copies
sont réalisées
à partir de matériaux anciens (parties d'anciennes
statues)
refondus sans apport de matière moderne (le résultat
d'une
analyse métallographique est donc le même que pour un
bronze
ancien)… avec insertion par la base d'un noyau central après
cuisson,
noyau provenant d'une antiquité (le noyau n'ayant pas
été
recuit, l'analyse de la thermoluminescence donne un résultat
positif
(antiquité)). Ce sont des copies de fabrication très
onéreuse.
Concernant la patine, en
plus d'acide
ou de saumure de poissons qui sont souvent utilisés pour
vieillir
le bronze, on voit parfois sur le marché des objets qui sont
restés
enterrés dans un terrain acide de nombreuses années,
parfois
40 ans… Le résultat visuel est spectaculaire.
|
 |
|
|